Tout et son contraire, à quelques jours d'intervalle. A chaque fois, le même scénario : un ton solennel, une voix ferme et définitive, des mots sans sous-entendus. C'est sans appel. Le chef de l'Etat tranche dans le lard, et quand il tranche, pas question de revenir dessus. A part exceptionnellement quand il change d'avis... c'est à dire presque tous les jours.
Le 27 mai, au micro de RTL. A la question de Jean-Michel Apathie, "Comptez-vous augmenter la redevance, ne serait-ce que de deux euros ?", Nicolas Sarkozy répond : "Non, non ! (...) C'est toujours comme ça en France, on commence par des augmentations de deux euros et puis, comme on les fait chaque année, à la fin, ça fait plus de deux euros. Ma politique, c'est de diminuer l'État, de diminuer les prélèvements, de libérer le travail et de faire en sorte que les gens ne soient plus assommés de prélèvements supplémentaires (...) Chacun a son idée pour faire un petit prélèvement de plus, je dis c'est non".
Mais le 4 juin, recevant à l'Elysée quelques producteurs audiovisuels, il s'est clairement déclaré favorable à l'indexation de la redevance sur le coût de la vie. L'inflation étant aux alentours de 2%, la redevance étant à 116 euros, l'augmentation serait donc de plus de 2 euros. C'est toujours comme ça en France...
Les producteurs présents en sont restés bouche bée. Contents, car c'est ce qu'ils demandaient depuis longtemps, mais interloqués par ce revirement du chef de l'Etat. Au final, plus personne ne sait, plus personne ne comprend, et plus personne n'ose croire les déclarations de Nicolas Sarkozy. C'est toujours comme ça en France... Mais attention ! Ne dites pas qu'il change d'avis tout le temps, dites qu'il est prag-ma-ti-que !
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

















