Le procureur de la République de Paris vient de rendre ses réquisitions dans l'affaire Clearstream. Elles sont surprenantes : les charges sont insuffisantes pour poursuivre Villepin… mais il faut continuer l'enquête au cas où!
Un réquisitoire contradictoire.
Chaque développement de l'affaire Clearstream semble discréditer davantage l'institution judiciaire. Après les querelles et les polémiques déclenchées au sein même du pôle financier par l'instruction des juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, c'est au tour de Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, de susciter perplexité et suspicion…
Mardi matin, alors que l'enquête est achevée depuis fin février, le procureur a fini par prendre ses réquisitions. Cent trente pages que la porte-parole du parquet a résumé ainsi :
1. Les « charges n'apparaissent pas suffisantes » pour justifier le renvoi de Dominique de Villepin devant le tribunal correctionnel.
2. Il faut poursuivre l'instruction, d'où la demande de Jean-Claude Marin à MM. Pons et d'Huy de « mener des investigations complémentaires de contexte».
3. Imad Lahoud falsificateur présumé des listings bancaires de Clearstream et Jean-Louis Gergorin qui avait apporté ces documents au juge Van Ruymbeke doivent être renvoyés devant le tribunal.
Telles sont les décisions contradictoires prises officiellement, hier, par Jean-Claude Marin. Décisions sur lesquelles pèse l'ombre de la principale partie civile, aujourd'hui président de la République, et qui méritent décryptage.
(Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")
Clearstream : le procureur se perd pour ne pas déplaire à Sarkozy 














